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Biographie d’Omar Ibn Al Khattab

Il est Omar Ibn al Khattab Ibn Nufayl de la tribu des Banû ‘Adi Ibn Ka’b. Quant à sa mère, elle est Hantama Bint Hâshim Ibn al-Mughîra de la tribu des Banû Makhzûm, cousine paternelle de Khâlid Ibn al-Walîd.

Sa naissance, sa jeunesse et ses mérites

Il est né à la noble Mecque, quarante ans avant l’Hégire. Il a grandi au sein d’une demeure dont l’honneur et les mérites étaient connus de tous. Il a été éduqué à l’honnêteté, à l’intégrité, à l’honneur et à l’audace quand il s’agit de déclarer la vérité. Il était l’ambassadeur de Quraych auprès des autres tribus en cas de litige ou de confrontation.

L’adhésion à l’islam de Omar Ibn Al Khattab

Lorsque le Prophète (paix et salut sur lui) fut envoyé et qu’il déclara ouvertement son appel à l’islam, un certain nombre de personnes se convertirent à l’islam. Parmi les convertis de la famille de Omar Ibn Al Khattab, on compte : Fâtima, son cousin, son beau-frère Sa’îd Ibn Zayd, Nu’aym Ibn ‘Abd Allâh et d’autres encore parmi les membres de la tribu des banû’Adî. ‘Umar, quant à lui, n’adhéra pas à l’islam et s’attacha fermement à la jâhiliyya, en prenant exemple sur son oncle maternel, Abû Jahl, dans son opposition à l’islam et son combat sans équivoque contre lui. Ainsi, il s’en prenait aux adhérents à l’islam parmi les esclaves et les gens faibles, en les frappant et en leur faisant du mal.

Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) avait invoqué Allah pour qu’il se convertisse à l’islam. Al-Tirmidhî a rapporté, d’après ibn ‘Umar que l’Envoyé d’Allah (paix et salut sur lui) a dit :

« Ô Allah ! Renforce l’islam par l’adhésion à l’islam de celui que Tu aimes le plus parmi ses deux hommes : Omar Ibn al Khattâb ou Abû Jahl Ibn Hishâm ! le plus aimé d’Allah fut ‘Umar. »

Un jour, il sortit armé de son épée avec pour objectif de se rendre chez le Prophète (paix et salut sur lui) et de lui porter un coup fatal, quand il rencontra, en cours de route, Nu’aym Ibn ‘Abd Allâh. Après une discussion à deux, ‘Umar changea d’itinéraire pour se rendre chez son beau-frère Sa’îd et sa sœur Fâtima. Arrivé à leur domicile, il les trouva en train de lire un parchemin sur lequel était retranscrite la sourate Tâ-hâ. Il se mit alors à les frapper et à les blesser jusqu’à ce qu’ils eussent avoué : « Oui ! Nous nous sommes convertis à l’islam et nous avons cru en Allah et en son Envoyé (paix et salut sur lui) ! Fais donc ce que tu voudras ! » Ces paroles eurent un effet sur ‘Umar qui demanda qu’on lui donne le parchemin, mais sa sœur refusa : « Nous craignons que tu le détruises ». Ne crains rien… », reprit ‘Umar qui lui fit une promesse solennelle. Par conséquent, sa sœur se mit à espérer le voir, à son tour, se convertir à l’islam et lui dit : « Mon frère ! Tu es impur en ton état de polythéiste, et seul quelqu’un de pur peut le toucher ». ‘Umar se leva alors et se lava, et sa sœur lui tendit le parchemin. Après l’avoir lu, il s’exclama : « Que ces paroles sont belles ! »

Puis, il se rendit à la demeure d’al-Arqam Ibn Abî al-Arqam à Al-Safâ, où se réunissaient l’Envoyé d’Allah (paix et salut sur lui) et ses compagnons, et il dit ; « Ô Envoyé d’Allah (paix et salut sur lui) Je suis venu à toi dans le but de croire en Allah, en Son Messager (paix et salut sur lui) et en ce qui provient d’Allah ». Le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) s’exclama « Allâhu Akbar ! » de sorte que tous ses compagnons qui se trouvaient dans la demeure surent que ‘Umar s’était converti. Cela se produisit trois jours après l’adhésion de Hamza à l’islam, vers la fin du mois de Dhûl-Hijja, en l’an 6 de la Prophétie.

‘Abd Allâh Ibn Mas’ûd avait l’habitude de dire : « Nous n’étions pas capables de prier près de la Ka’ba jusqu’à la conversion de ‘Umar. Quand il embrassa l’islam, il combattit les Qurayshites jusqu’à ce qu’il pût prier près de la Ka’ba, et nous en sa compagnie. »

On rapporte que le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) sortit un jour avec ses compagnons alignés en deux rangs. L’un des deux rangs comptait ‘Umar, et l’autre Hamza. Une fois arrivés à la mosquée, les Qurayshites portèrent leur regard sur ‘Umar et sur Hamza et furent pris d’une amertume sans précédent.

C’est ce jour-là que le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) le surnomma al-Fârûq (celui qui fait la différence).

Cela étant, et malgré le profond respect et la crainte qu’il inspirait, ‘Umar n’échappa point aux persécutions des Qurayshites. Cela prit une telle ampleur qu’ils l’assaillirent et il ne cessa de lutter contre eux, jusqu’au moment où le soleil se tint au-dessus de leurs têtes et qu’il fût envahi par la fatigue.

A ce moment, il s’assit et leur dit, alors qu’ils se tenaient debout devant lui : « Faites ce que bon vous semblera ! Je fais le serment par Allah que si nous étions trois cents hommes, nous aurions certainement lutté contre vous jusqu’à ce que nous vous la laissions, ou que ce soit vous qui nous la laissiez ! »

L’émigration de Omar Ibn Al Khattab vers la Médine

Lorsque les persécutions des Qurayshites à l’encontre des musulmans se firent plus intenses et que la permission fut accordée aux musulmans d’émigrer vers Yathrib, ceux-ci commencèrent à partir secrètement, sauf ‘Umar. ‘Alî ibn Abî Tâlib rapporte : « Je n’ai jamais eu connaissance de quelqu’un parmi les Muhâjirûn qui a émigré ouvertement, si ce n’est Omar Ibn al Khattâb. Lorsqu’il a décidé d’émigrer, il s’est saisi de son épée, s’est muni de son arc, a pris des flèches dans sa main, ainsi que son bâton puis s’est dirigé vers la Ka’ba alors que les notables de Quraysh se trouvaient sur son esplanade. Il a ensuite effectué sept tours autour de la Ka’ba fermement, puis il s’est rendu au Maqâm Ibrâhîm et y a prié. Ensuite, il s’est arrêté à chaque assemblée, une à une, et leur a adressé ces paroles : Que soient enlaidis ces visages ! Que celui qui désire que sa mère le perde, que son enfant devienne orphelin et que son épouse devienne veuve me rencontre de l’autre côté de cette vallée ! Puis, il s’en est allé vers Médine et personne ne l’a suivi. »

Certaines personnes faibles ont émigré en sa compagnie.

Sa vie durant la période prophétique

Au même titre qu’Abû Bakr, Omar Ibn Al Khattab était l’un des conseillers du Prophète (paix et salut sur lui) et l’un de ses plus proches compagnons.il prit part à toutes les batailles et joua, au cours de la bataille de Badr, un rôle de premier plan, ainsi que durant les batailles de Uhud et de al-Muraysî’ par la suite. Ce fut lui qui dirigea l’expédition militaire vers Turba au Sud-Est de la noble Mecque.

Lors du pacte d’al-hudaybiya, il prit une position mémorable à l’égard de Abû jandal Ibn Suhayl Ibn ‘Amr, lorsqu’il lui conseilla « fais preuve de patience, Abû jandal… Ce sont eux les polythéistes… » De même, il fut l’un des témoins du Traité de paix.

Lors de la conquête de la Mecque, après le serment d’allégeance des hommes, les femmes de la tribu de Quraysh, avec à leur tête Hind Bint ‘Utba, l’épouse d’Abû Sufyân, se regroupèrent auprès du Messager d’Allah (paix et salut sur lui). ‘Umar faisait partie des personnes présentes, et il riait de la discussion qui s’était engagée entre Hind et le prophète (paix et salut sur lui). Ensuite, le Prophète (paix et salut sur lui) demanda à ‘Umar de prendre leur serment d’allégeance, ce qu’il fit, avec pour conditions qu’elles n’attribuent à Allah aucun associé, qu’elles ne volent pas, qu’elles ne se rendent nullement coupable de fornication, qu’elles ne tuent pas leurs propres enfants, qu’elles ne commettent aucune infamie, ni avec leurs mains ni avec leurs pieds, et qu’elles ne désobéissent pas dans ce qui est convenable.

Lorsque sa fille Hafsa devint veuve, à la suite du décès de son mari Khunays Ibn Hudhâfa al-Sahmî, ‘Umar la maria au Messager d’Allah (paix et salut sur lui), au cours de la troisième année de l’Hégire. Quand il apprit qu’elle engageait une polémique avec le Prophète (paix et salut sur lui), il l’exhorta et lui adressa des mises en garde contre le châtiment d’Allah et la colère de Son Messager (paix et salut sur lui) et elle se calma.

Ibn Mâjah a recensé le hadith suivant dont la chaîne de transmission est authentique, d’après Ibn ‘Abbâs : ‘Umar m’a dit : « Je suis entré chez le Prophète (paix et salut sur lui) alors qu’il était couché sur une natte. Je me suis assis et me suis aperçu qu’il n’était vêtu que de son manteau, et que la natte avait laissé des marques sur son flanc. Je me trouvais en présence d’une poignée d’orge d’à peu près un Sâ’, et de feuilles de mimosa dans un coin de la pièce. Une peau y était aussi suspendue. Des larmes ont alors coulé abondamment de mes yeux.

« pourquoi pleures-tu, Ibn al-Khattâb ? », m’a-t-il alors demandé.

J’ai répondu : « Prophète d’Allah ! (paix et salut sur lui) Comment pourrais-je ne pas pleurer alors que cette natte a laissé des traces sur ton flanc et que tes réserves ne contiennent pas plus que ce que je vois là ?! Chosroès et César jouissent, eux, des fruits et des fleuves ; alors que toi, le Prophète d’Allah (paix et salut sur lui) et Son élu, voilà tes réserves… » Et le Prophète (paix et salut sur lui) de dire :

« Ibn al-Khattâb ! N’agrées-tu pas que l’au-delà soit pour nous et que le bas monde soit pour eux ? »

Il lui arrivait parfois d’avoir un avis et d’en informer le Prophète (paix et salut sur lui) et la Révélation descendait conformément à son avis. Sa position en ce qui concerne les boissons enivrantes et la demande de permission d’entrer en sont des exemples. Il n’est donc nullement étonnant que le Messager d’Allah (paix et salut sur lui) ait vanté ses mérites en disant :

« Allah le très haut, a placé la vérité sur la langue de ‘Umar et dans son cœur, il est al-Fârûq, c’est par lui qu’Allah a établi la distinction entre la vérité et le mensonge ! »

En résumé, il occupait la seconde place après Abû Bakr auprès du Prophète (paix et salut sur lui) et de ses compagnons.

Sa vie durant le califat d’Abû Bakr

Lorsque Abû Bakr devint calife, ‘Umar fut la première personne à lui prêter serment d’allégeance, puis ce fut Abû ‘Ubayda, suivi des autres Muhâjirûn et des Ansâr. Quand le calife ordonna à Usâma Ibn Zayd de se diriger vers le Shâm en compagnie de ses troupes dont faisait partie Omar Ibn al-Khattâb, il lui adressa cette requête : « Si tu veux m’aider en laissant Omar Ibn al-Khattâb à mes côtés, fais-le donc ! » le jeune commandant accepta immédiatement et ‘Umar resta auprès du calife dans le but de l’aider à supporter les lourdes tâches du califat.

Durant son califat, abû Bakr al-Siddîq envoya plusieurs grands compagnons diriger les combats contre les apostats, puis sur les deux fronts perse et romain. Ce fut ainsi le cas d’Abû ‘Ubayda Ibn al-Jarrâh, de Mu’âdh Ibn Jabal, de Khâlid Ibn al-Walîd et de bien d’autres, mais il garda ‘Umar al-Fârûq à ses côtés afin de lui demander conseil au sujet des affaires politiques et sociales concernant les musulmans. Omar Ibn Al Khattab fut par conséquent le plus important de ses conseillers, et c’est la raison pour laquelle il lui accorda la succession à la tête de la communauté, quand il senti sa fin proche. Tous les compagnons parmi les Muhâjirûn et les Ansâr s’accordèrent avec lui sur cet avis.

Les œuvres magistrales accomplies durant le califat de Omar Ibn Al Khattab

Le successeur du successeur du Messager d’Allah (paix et salut sur lui), à qui l’on attribua par la suite le titre de « Amîr al-Mu’minîn » (Emir des croyants) accomplit des œuvres magistrales durant les dix ans et demi qu’a duré son califat :

  • L’achèvement de la conquête de l’Irak ;
  • La conquête de la Perse et l’avancée dans les territoires d’Afghanistan et du Turkménistan jusqu’au fleuve d’amou-Daria ;
  • L’achèvement de la conquête du Shâm (Syrie, Jordanie, Palestine et Liban actuels) ;
  • La conquête de l’Egypte et de Tripoli ;
  • La fondation des villes (cf. Bassora, Koufa et Fustat) ;
  • La promotion de l’enseignement des sciences islamiques ;
  • L’institution du calendrier musulman ;
  • L’organisation de l’administration publique (avec l’établissement de registres : dawâwîn, l’organisation des forces armées musulmanes, la création de la trésorerie de l’Etat, la construction d’établissements hospitaliers, l’organisation des affaires commerciales et l’inspection des marchés, la construction de prisons, le creusage de puits et de canaux, le déblaiement des voies de passage et l’organisation des services de postes.)

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